Interview with Barre Philips

by Patrice Soletti and Emmanuel Cremer

5. Patrice Soletti : Par rapport à cet aspect d’engagement artistique et politique, tu nous fais bien comprendre que les deux sont liés, quel est alors le rapport qui s’opère entre le choix de faire de la musique improvisée et d'enregistrer de la musique improvisée ?

In relation to this aspect of artistic and political commitment, you make it clear that the two are linked, so what is the relationship between the choice to make improvised music and to record improvised music?

A5.Barre Phillips
00:00 / 03:01

 

1. Patrice Soletti : Au cours de ta longue carrière, le fait d’enregistrer a-t-il eu un effet sur l’évolution de ta carrière mais également sur ta conception de la musique ?

During your long carrier, has recording had an influence on the evolution of your carrier and on the way you conceive music?

A1.Barre Phillips
00:00 / 11:27

2. Patrice Soletti : À propos des labels indépendants, il y en a beaucoup en musique expérimentale, improvisée ou électronique d’avant-garde. Il y a beaucoup de jeunes artistes qui montent leur propre label en se regroupant etc. Peux-tu nous dire si d’après toi, c’est une bonne chose (pas au sens moral) ? comment vois-tu ce paysage qui est très démultiplié ?

Speaking of independent labels, there are many in experimental, improvised or avant-garde electronic music. There are a lot of young artists who are setting up their own labels by grouping together etc. Can you tell us if you think this is a good thing (not in the moral sense)? How do you see this landscape that is very multiplied?

A2.Barre Phillips
00:00 / 03:54

3. Patrice Soletti : Je réagis plus à l’idée d’identité, cette liberté de pouvoir éditer facilement. Tout le monde peut éditer, donc c’est une forme de facilité à pouvoir affirmer son identité artistique. As-tu un avis là-dessus ? d’après toi, est-ce profitable de multiplier les identités, que ce soit très individualisé, avec des identités différentes, ou au contraire, les gens devraient plutôt se regrouper pour former des identités plus complexes mais collectives ?

I react more to the idea of identity, this freedom to be able to edit easily, everyone can edit so it's a form of ease to be able to assert one's artistic identity. Do you have an opinion on this? In your opinion, is it profitable to multiply identities, whether it's very individualized, with different identities, or on the contrary, should people rather group together to form more complex but collective identities?

A3.Barre Phillips
00:00 / 03:14

4. Emmanuel Cremer :  J'ai une question sur les décalages ou synchronicités qui existent entre les courants artistiques et les mouvements sociétales, politiques, économiques. Je pense par exemple à ces mouvements de musique libre en France et à Paris (et ailleurs dans le monde) qui étaient répandus, voir populaire, dans les lieux de concerts en même temps que se développent des idées politiques libertaires et progressistes. As-tu ressenti quelque chose de similaire dans ta carrière ou dans ta musique ? Est-ce que ce que nous vivons actuellement te semble différent ?

I have a question about the discrepancies or synchronicities that exist between artistic currents and societal, political and economic movements. I'm thinking for example of those free music movements in France and Paris (and elsewhere in the world) that were widespread, even popular, in concert venues at the same time as libertarian and progressive political ideas were developing. Have you felt something similar in your career or in your music? Does what we are experiencing now seem different to you?

A4.Barre Phillips
00:00 / 09:24

6. À propos de ton dernier album solo “End to End” chez ECM, peux-tu nous dire comment l’idée t’est venue et comment s’est passée la mise en route de ce projet avec Manfred Eicher ?

About your last solo album “End to End” for ECM, can you tell us how the idea came to you and how did you start this project with Manfred Eicher?

A6.Barre Phillips
00:00 / 06:43

7. Emmanuel Cremer : Julian Hamilton dit dans un entretien, lorsqu’on lui demande quelle est la différence entre quelque chose d’improvisée et d’écrit, que ce qui importe, c’est ce qu’il reste après (ou pas). Ce n’est pas parce qu’une pièce était improvisée qu’elle ne reste pas ensuite. Elle existe toujours même si elle n’est pas écrite.

Faire une pièce improvisée devant un public ou sans, et sur un disque, qu’est-ce qui change au niveau de l’intention ? Jouer avec ou sans publique, la musique a autant de valeur, faire un disque est-il du même

ordre ?

 

Emmanuel Cremer: Julian Hamilton said in an interview, when asked about the difference between something improvised and something written, that what matters is what is left afterwards (or not). Just because a piece was improvised doesn't mean it doesn't remain afterwards. It still exists even if it's not written.

To do an improvised piece in front of an audience or without, and on a record, what changes in the intention? Playing with or without an audience, the music has the same value, is making a record the same? 

A7.Barre Phillips
00:00 / 06:59

Interview editing, transcription and design by Frantz Loriot